EU01
Magne ou Máni Magnifique
Terre secrète, magnétique qui transperce l’âme avant de se précipiter dans les mers Ionienne et Méditeranéenne.
Noble Vathia
Tours au port altier.
F ascination, attirance pour cette pointe méridionale du Cap Tainaron. Un magnétisme, une terre sans filtres, décharnée, envoûtante à l’extrême, brute et sauvage. Livrée aux vents qu’elle accueille avec fierté, le massif calcaire est buriné, à vif, comme une toile au glacis érodé. Le Máni est de tous les combats, des plaies, des failles, la chaleur, parfois des feux; mais la nature opiniâtre et téméraire déploie sempiternellement ses artifices, affronte et brave les éléments avec l’instinct de l’immortalité.
Carte
Promontoire
Tours vers le cap Tainaron.
Un monde minéral
La chaine du Taygète
Cap Tainaron
Fruit du glissement de la plaque africaine sous la plaque de la mer Égée, la chaîne montagneuse du Taygète sépare la Laconie de la Messénie. Avec ses 2407 mètres d’altitude, le Profitis Ilias domine la plaine et la ville de Sparte ainsi que celle de Kalamata. À son extrême sud, le cap Tainaron est le prolongement de cette épine dorsale. Point le plus méridional de la Grèce continentale, il était considéré par les grecs anciens comme l’une des entrées des enfers.


Minéralité
Contreforts décharnés et érodés.
Terres décharnées
L’extrême sud, un Magne saisissant, rude, âpre, sauvage. Parfois hostiles, les paysages sont chaotiques et décharnés, les anses nombreuses et déchiquetées. Les roches à nues offrent des spectacles dantesques, déluge minéral d’un combat cataclysmique digne d’Hadès, dieu de l’enfer. Cette terre indomptée ne peut laisser indifférent par sa singularité, elle pourrait représenter la genèse de ce monde, ou en tout cas s’en approcher.
Minéralité
Terre érodée.
Aux antipodes des images préétablies d’une Grèce à la douceur de vivre, cette terre rustique, désolée, à l’architecture austère et rigoriste, aux paysages authentiques et peu fréquentés n’aura eu aucun mal à jouer le passe-muraille pour entrer en résonance de nos champs émotionnels.
La végétation Cap Tainaron
Maquis
Monochromes et camaieux
Les routes sinueuses traversent des massifs non cultivables. On se situe à la même latitude qu’Hammamet en Tunisie. La flore se compose de maquis et de nombreuses fleurs endémiques. Adaptées à la rudesse des conditions climatiques, elles colonisent un sol pauvre. Dans un front commun, elles présentent des parures d’épines dissuasives à toutes intrusions. Ces déploiements ingénieux d’artifices découragent les plus téméraires à s’aventurer plus en avant dans les pentes rocailleuses.


Maquis
Nature tourmentée.
En ce mois de septembre, des herbes sèches d’une couleur ocre chatoyante complètent le décor. Elles illuminent les versants et les bords de routes. Ces teintes mordorées rehaussent des paysages souvent dénudés. Les levers et couchers de soleil embrasent et enflamment d’une passion ardente cette terre à la beauté fatale.
Figuiers de Barbarie
Village de Korogonianika.
Dans cette nature sublimée quelques feuillus tentent désespérément d’exister. Façonnés par les vents ils présentent des silhouettes noueuses, tourmentées, dignes d’une tragédie antique.


Fleurs du Magne
Graphiques et élégantes.
Faune
Découverte
La région de Porto Kagio – port aux cailles – à l’extrême pointe du Magne, est réputée pour les passages et les haltes de ce volatile lors de sa migration vers le sud. Ce représentant des galliformes européens voyage de nuit et se pose sur les hauteurs avant le lever du soleil. Aux heures plus chaudes, dans ces montagnes couvertes de maquis et de plantes sauvages les abeilles butinent le romarin, le fenouil, les chardons, la sauge, le thym et bien d’autres essences variées que nous ne saurions identifier. Au crépuscule, le silence est déchiré par les lamentations des chacals dorés et il n’est pas rare d’apercevoir ce canidé opportuniste à la couleur fauve.



Totems
Les Moaï grecques.
Indépendants et fiers
Les Totems Máni-Máni
Symbole de résistance
Ces “Moaï grecques”, monolithe de béton, couronné d’acier, structures abstraites érodées, trônent fièrement comme des saints protecteurs. Vestiges de promoteurs trop présomptueux. ils tentent de décourager de futurs protagonistes. Lutte contre la cupidité, dans un but de préserver la beauté d’une nature encore proche de son état primitif.
Montagne dénudée
Couleur mordorée des herbes sèches.
Murs en pierre sèche
Le Péloponnèse regorge de ces murets.
Les tours du Magne
Les Sentinelles du silence
Omniprésentes dans les paysages de la péninsule, des hautes tours de pierre à l’architecture austère et militaire se dressent orgueilleuses tels des nids d’aigles. Ces sentinelles du silence sont des guetteuses infatigables. Dévorées par les brumes, fouettées par les vents, caressées ou mordues par les rayons ardents du soleil, elles s’élèvent puissantes et altières. Leurs vues panoramiques époustouflantes sur la mer et les escarpements rocheux embrassent le paysage. Tours de guet et de défense, seules ou au sein de villages forteresses, elles ont contribué à la protection des Maniotes. Affirmation architecturale d’un peuple insoumis, riche d’une histoire tumultueuse.


Nid d’aigles
Architecture féodale.
Les Maniotes
Peuple indépendant
Longtemps laissé dans l’isolement, par le passé le Magne a été un lieu d’affrontements, de piraterie, de vendetta. Vengeances et luttes claniques ont participé à l’élaboration d’une hiérarchie sociale à la structure lignagère très ancrée. Les concurrences continuelles, les hostilités et tensions ont divisé des villages entiers. Violence légitime, estimable et honorable pour certains membres de clans, portant au paroxysme les liens du sang.
Pour lutter contre les envahisseurs, des trêves s’imposaient. Dans une forme de solidarité, le peuple du Magne retrouvait temporairement une unité régionale. Les rivalités dépassées, ils défendaient ardemment leurs terres et protégeaient leur liberté. Par ses particularités et ce passé troublé aux traditions guerrières, cette terre de mythes, de légendes et de contes, le peuple Maniote cultive avec fierté un identitarisme culturel fort.


Paysages désolés
Herbes sèche et murs en pierre.
Peuple récalcitrant au pouvoir, ils tiennent par leur indépendance une place particulière dans la société grecque. Ils se glorifient d’une filiation directe avec le peuple qui a écrit l’une des pages les plus héroïques de l’histoire antique. La résistance et le sacrifice des fameux Spartiates menés par leur chef Léonidas à la bataille des Thermopyles. De ce passé glorieux et prestigieux, ils ont cultivé cet esprit guerrier et indomptable. Reconnus comme infatigables, impétueux et intrépides, les Maniotes se sont illustrés, dans des temps plus rapprochés lors de la lutte nationale pour l’indépendance « 1821-1829 ».
Église
Proximité de Porto Kayo.
Une côte inhospitalière
Piraterie maniote
Ciel et littoral tourmentés
Paysages tourmentés, la côte découpée du Magne aux eaux cristallines est renommée pour ses récits de piraterie. D’un aspect accidentées, déchiquetées, ses petites anses étaient de parfaits refuges pour des aventuriers et des individus sans scrupules.


La mer Ionienne
Structure rocheuse.
Météorologique imprévisible
Dans cette zone montagneuse aux phénomènes météorologiques imprévisibles, il n’est pas inhabituel de voir se former de grosses dépressions à la fin de l’été lorsque la mer est au plus chaud. Tempêtes violentes et fortes précipitations métamorphose alors l’espace maritime.


Cap Matapan
Laconie – Extrême sud du Péloponnèse.
Son littoral avec ses falaises aux tombants vertigineux et ses écueils acérés devient inhospitalier et la navigation dangereuse. La renommée funèbre du cap Matapan n’est plus à faire. Ogre, cannibale, on ne compte plus les naufrages et les équipages avalés par les flots tourmentés d’une mer houleuse et parfois déchaînée.
Phare Akra Tainaron
Du haut de ses 41 mètres, il surplombe la mer Egée sur la pointe la plus méridionale du Péloponnèse.
FIN
EUROPE
EU01 – Magne ou Máni magnifique.
EU02 – Architecture Andalouse.
EU03 – Escapade Vénitienne.
EU04 – Émilie-Romagne.
EU05 – Se perdre dans Gênes.
EU06 – Navarre – Aragón.