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Architecture andalouse
En toile de fond, le splendide héritage oriental de l’occident médiéval.
Miroir
Élégance, frémissement, fragilité.
Comme des stalactites savamment agencées, mathématiques, fractales, les stucs élèvent l’art architectural mauresque avec une élégance rare. Dans leur élan, en pleins et déliés, les calligraphies immortalisées dans leur trajectoire manifestent un désir d’insurrection animant les surfaces, louanges à Allah, fragments de poèmes ou mots solitaires tentent d’échapper aux rigoureuses règles géométriques. Insufflant une créativité, un rayonnement, la pluralité culturelle de ce croisement d’influence, souffle d’innovation dans de nombreux domaines, va durablement marquer la péninsule.
Carte


Colonnes aux motifs floraux
Détails d’architecture.
Alhambra poésie architecturale
Harmonie, calme et volupté
Le joyau de Grenade
Entre bleu cobalt & ultramarine blue, nous sommes à l’heure où le Soleil et la Lune fricotent. Dans la douceur de cette fin de journée, lassée d’une luminosité trop éclatante, l’Alhambra se dénude. Les ombres marquées se nuancent et les stucs retrouvent leur subtilité. Ce lieu raffiné dévoile sa personnalité poétique. Les plantes et les vergers d’orangers vous enveloppent d’un parfum captivant. Les arcs, les murs, les dômes recouverts d’écritures coursives et coufiques, de motifs floraux et de volutes de tiges s’épanouissant en arabesques entrelacées, subjuguent et étourdissent. Étonnante multiplicité de caractères, de figures qui virevoltent, vous entraînent et stimulent votre curiosité. Tandis que les astres s’enlacent, s’embrassent, l’Alhambra vous ensorcelle. Beauté sans pareille, élégante, mais pas pimpante, gracieuse et non pompeuse, raffinée, comme une fleur délicate elle est séduisante et envoûtante. Par la finesse de sa conception, son architecture et ses jardins d’un équilibre abouti, elle révèle la splendeur de cette influence orientale, complexité et richesse de cette période qui relie les rives de la Méditerranée.



Arcs et colonnes
Alhambra.
Le palais de l’Alhambra
La fondation de l’émirat de Grenade remonte à 1238. Premier souverain nasride, Mohammed ibn Yusuf ben Nasr est à l’origine de l’Alhambra. La demeure des sultans domine la plaine de la Vega. Cette plaine fertile grâce à la construction d’un système de canalisation alimenté par la fonte des neiges de la Sierra Nevada, démontre la maîtrise des techniques hydrauliques de la population musulmane. Il a permis le développement de la culture de l’amande, de la grenade, des figues ainsi que des mûriers. L’élevage du ver à soie dans la région andalouse a œuvré à produire une soie de très grande qualité. La précieuse fibre du cocon de la chenille du Bombyx du mûrier contribuera à la richesse du royaume nasride de Grenade.
Située sur le plateau de la Sabika, la construction du palais sera plus tardive ; c’est au cours du XIVe sous les règnes de Yusuf I et Mohammed V que les édifices les plus prestigieux seront élevés. Alors à son apogée, la citadelle, joyau d’architecture surplombe la carrera del Darro et le paseo del Padre Manjon qui longent le rio Darro. Ils traversent un des quartiers les plus anciens de la vieille ville, et de là, le mur d’enceinte exhibe sa tonalité ocre rouge. Alhambra, venant de l’arabe Al-Hamrâ signifiant la rouge.




Détails d’architecture
Alhambra.
Seul royaume musulman à ne pas être reconquis, il a profité de la rivalité des royaumes de Castille et d’Aragón, qui mutuellement ont empêché sa reconquête. Mais suite à une réconciliation, il tombera en 1492 aux mains des armées chrétiennes après dix années de guerre. Cela signera la fin des califats dans la péninsule ibérique.
Coupole
Salle des Abencerrajes, palais des lions.
Fractales de stuc
L’art de la lumière
La matière vivante
Utilité des fractales ; parmi les différents domaines, on peut noter : la description de certains aspects important de la structure de l’univers – son application dans les arts numériques et graphiques. Ces structures de stuc aux concepts mathématiques complexes et aux multiples facettes géométriques sont une ode à la création et à l’imagination. Une œuvre presque numérique, pour utopiste et visionnaire.
Coupole
Salle des rois.
Une interactivité continuelle entre la lumière et ses capteurs, une confrontation des photosites pour l’écriture en pixels d’un univers insaisissable. Avec une maîtrise arithmétique parfaite, les architectes de l’Alhambra ont fait converger leurs connaissances pour délivrer de fascinants dômes et libérer la pensée. Précurseurs d’un art “numérique”, en continuelle mutation.



Détails d’architecture
Alhambra.
Cosmos
Les coupoles sont des ciels étoilés, des galaxies lointaines. Dans cet espace interstellaire finement ciselé, les ornements par milliers dans une conquête spatiale, colonisent le moindre interstice, s’arc-boute pour se pelotonner sous des chapiteaux, se lover sous des arcades ou se blottir dans un caisson. Frénésie époustouflante, sous ces dômes constellés, l’imaginaire libéré vous emporte ; voyage sidéral.


Détails d’architecture
Alhambra.
Le stuc
Savant mélange constitué d’eau, de gypse, de poudre de marbre ou d’albâtre pour obtenir une pâte que l’on applique sur les surfaces à recouvrir, le stuc a permis l’élaboration de motifs subtils et raffinés. Sublimé par la virtuosité des artisans et le brio des moulages réalisés, dentelle, broderie de pierre à la finesse exemplaire, il a été très utilisé dans le monde islamique.
Alhambra
Vue sur les collines.
Sérénité et douceur de vivre
Un rêve andalou
L’eau, un suprême raffinement
Dans cette région du sud de l’Espagne, dans les contreforts arides de la Sierra Nevada, les jardins de l’Alhambra, romantiques, bercés par l’eau épousent la terre andalouse. Luxuriants et odorants, ils sont la promesse d’une promenade enchanteresse. L’ingéniosité hydraulique développée par les concepteurs Nasrides est une véritable prouesse technique alliant esthétisme et fonctionnalité. Par un réseau gravitaire, composé de siphons, les nombreux canaux alimentent en eau vive de multiples réserves, fontaines de marbre et bassins rehaussés de mosaïques et d’azulejos..


Les jardins
Taille, mimétisme de l’architecture.
Dans une symbiose parfaite, la partition musicale des jets d’eau et le clapotis de l’eau courante sont un hymne à la vie. Bercé par cette symphonie et ce refrain apaisant, les jardins sont des lieux de repos proche du paradis. Par évaporation, les particules d’eau rafraîchissent l’atmosphère, tandis que les bassins comme des miroirs exaltent la beauté des jardins et des architectures.


Le pouvoir de l’eau
Fontaines de marbre et jets d’eau.
Dans une symbiose parfaite, la partition musicale des jets d’eau et le clapotis de l’eau courante sont un hymne à la vie. Bercé par cette symphonie et ce refrain apaisant, les jardins sont des lieux de repos proche du paradis. Par évaporation, les particules d’eau rafraîchissent l’atmosphère, tandis que les bassins comme des miroirs exaltent la beauté des jardins et des architectures.


Reflets
Les bassins comme des miroirs.
Jardins d’Éden
Cette eau providentielle grâce à la maîtrise de son approvisionnement à permis le développement de fabuleux vergers et potagers permettant de savourer oranges, figues et grenades gorgées de soleil. Avec ses jardins d’Éden émaillés de délices, la cité palatiale, chef-d’œuvre de subtilité sera source d’inspiration pour de nombreux poètes et écrivains.
Grande chapelle, coupole
Mosquée-Cathédrale de Cordoue.
Un édifice unique
Mosquée-cathédrale
Monument singulier
Reconvertie officiellement en lieu de culte catholique en 1236, la mosquée-cathédrale, maintenant dénommée Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption est un monument majeur de l’art des Omeyyades de Cordoue. Ancien temple romain, puis basilique chrétienne, elle devient mosquée au VIIIe siècle pendant la présence musulmane en Espagne. Agrandie à plusieurs reprises par les émirs et les califes, elle s’élève à cette époque au second rang des plus grandes mosquées du monde, derrière La Mecque. Élevée sur un site stratégique, elle a une forme rectangulaire et massive. Avec ses murs aveugles, crénelés et ses puissants renforts elle dresse son allure de citadelle à proximité du fleuve Guadalquivir.
Grande chapelle, transept et choeur
Mosquée-Cathédrale de Cordoue.
Le califat de Cordoue
Renversé par le califat des Abbassides, le califat des Omeyyades fuit l’actuelle Syrie et trouve refuge en Andalousie. Rare survivant de cette épopée, Abderrahmane I est à l’origine du califat de Cordoue avec la victoire de Al-Musara en 756. État indépendant, le califat fut à l’époque Omeyyades perçut comme une dissidence dans le monde musulman, menaçant l’unité spirituelle.
Coupole centrale de la maqsurah – Forêt de colonnes et arcs bicolores
Mosquée-Cathédrale de Cordoue.
La ville de Cordoue
Fascinante, riche, prospère, Cordoue s’impose comme un centre d’échanges, de commerces entre l’Afrique et l’Europe. En pleine expansion, ce paysage urbain en mutation développe une architecture de pouvoir où lieux administratifs et d’enseignement sont sans équivalence en Espagne. Elle rayonne sur tout le bassin méditerranéen. Dans une Europe médiévale, cette société pluriethnique voit l’expansion de nombreux domaines, sciences, mathématiques, philosophie, médecine… Ce centre d’érudition et de publication verra l’émergence de nombreux savants et philosophes influents. Passés à la postérité, Averroès (1126-1198) et Maimonïde (1138-1204), originaires de Cordoue incarnent un universalisme culturel. Ils sont considérés comme deux des très grands esprits d’al-Andalus du XIIe siècle.



Perspective – Mihrab – Détail de porte.
Mosquée-Cathédrale de Cordoue.
La grande mosquée
La mosquée verra le jour sous le règne d’Abderrahmane I et sera marquée par trois grandes étapes d’extensions réalisées par ses successeurs, dont la dernière sera menée par le vizir Almonzor de 987-990. La construction dura donc près de 200 ans. Avec 856 colonnes de réemploi de marbre, de jaspe et de granite, surmontées de chapiteaux antiques et paléochrétiens de styles différents, cette forêt minérale unique composée de dix-neuf nefs soutenant des arcs bicolores superposés rouges et blancs s’étend sur une surface proche de 24 000 mètres carrés.


Forêt de colonnes – Vue extérieur est
Mosquée-Cathédrale de Cordoue.
La fin d’une époque
Avec la Reconquista – reconquête de l’Espagne par les rois catholiques – les mosquées seront assignées au culte catholique. Construite au centre de la salle de prière de l’ancien édifice, la grande chapelle gothique en forme de croix latine, mélange de styles baroque et renaissance sera initiée en 1523 par l’architecte Hernán Ruiz I. La mosquée-cathédrale de Cordoue amalgame des éléments architecturaux provenant de civilisations différentes. Cet ensemble monumental à l’architecture unique au monde est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1984. L’ornementation omeyyade sera perpétuée en Andalousie jusqu’à la fin du XVIe siècle. Son caractère incomparable et sa capacité à interpréter les formes, jeux d’arabesques infinis et recherche permanente de puissance esthétique marquera l’identité architecturale andalouse. Mais le décret du 9 avril 1609 promulgué par le roi Philippe III d’Espagne mènera à l’expulsion des morisques de la péninsule.
Coupole – Salon des ambassadeurs
Palais de l’Alcázar – Séville.
L’ALCÁZAR de Séville
Résidence royale
Magnificence de l’art mudéjar
L’Alcázar de Séville est un palais construit par les Omeyyades d’Espagne. Converti en résidence royale à partir de 1248 sous Ferdinand III, ce siège de la couronne a depuis connu d’innombrables transformations. Monument emblématique de la ville et témoin du passage des différents monarques, il réunit des styles de l’époque Arabe jusqu’à celui du XIXe siècle. Islamique, Renaissance, Baroque, Néoclassique jalonneront l’histoire de cette très ancienne et somptueuse résidence.


Cour des demoiselles (patio de las doncellas)
Palais de l’Alcázar – Séville.
Le patio des demoiselles est le plus grand de l’Alcazar. Composé de deux étages les arcs des galeries inférieures sont soutenus par deux fines colonnes d’un diamètre identique à celles unitaires. Un procédé discret pour renforcer la structure sans nuire à l’élégance et à l’unité de l’ensemble. La sophistication des arcs lobés et la composition en losanges des stucs amplifient l’effet de finesse et de délicatesse ; tandis que l’arc central de chaque galerie aux proportions différentes est une invitation à découvrir les pièces adjacentes.
Le salon des ambassadeurs se trouve dans le prolongement du patio des demoiselles, cette pièce est la plus majestueuse du palais et sa coupole une constellation d’étoiles. Entrelacs géométriques savamment orchestrés, composée de nombreux caissons de bois dorée, ce bijou de charpenterie élève l’art mudéjar à des sommets de perfection. – Art mudéjar – art réalisé par les musulmans restés dans la péninsule après la reconquête de territoires par les chrétiens, fruit d’une cohabitation des cultures et de leurs influences sur l’architecture.


Détails d’architecture – Jardin
Palais de l’Alcázar – Séville.
Les Jardin de l’Alcázar
La beauté des jardins, oasis de fraîcheur, dévoile aussi des époques différentes. Jardins de la Danse, de Troya, de la Galère, des Fleurs, du Prince, de la Croix, des Dames, du Pavillons de Charles Quint, Anglais, du Marquis de la Vega, des Poètes, Étang de Mercure, chacun d’eux colporte ses légendes et nombreux sont ceux, qui vêtus de soie, damassée, brochée, brocardée, drapée ou plissée ont flâné dans ces allées enchantées.
FIN
EUROPE
EU01 – Magne ou Máni magnifique.
EU02 – Architecture Andalouse.
EU03 – Escapade Vénitienne.EU04 – Émilie-Romagne.
EU05 – Se perdre dans Gênes.
EU06 – Navarre – Aragón.