AF02
Stone Town
Le vieux port
Les hommes gréent les dhows. Après avoir hissé et bordé leurs voiles triangulaires typiques de la côte, nous suivons du regard leurs sillages et le vent nous murmure des récits d’aventures.
Design épuré
Le dernier envol.
Sous un gris perle, l’eau dilue les pigments sans en altérer les tonalités, ni la luminosité. Aujourd’hui le ciel flirte avec la mer. La plage de sable noir est piétinée par la foule impatiente du retour des hommes. Dans un pointillisme de couleurs, les Kangas (tissus traditionnel zanzibarite) se détachent sur ce fond monochrome. Ils couvrent la tête et les épaules des femmes swahili, qui attendent élégamment. Le Carmin, le jaune, les verts véronèse et canard se suivent serrés, juxtaposés, alternance de vibrations colorées. Ce rituel est quotidien. Les silhouettes se tiennent debout ou assises sur leur contenant face à l’océan, le regard scrutant l’horizon. Les dhows viennent de s’ancrer dans la rade. Les pêcheurs aux musculatures dessinées et sculptées par des années d’exercice le long de la côte orientale de l’Afrique, s’activent en direction de la plage. Un va-et-vient incessant.
Carte
Boutre et pirogue monoxyle
Attente sur la plage de sable noir du vieux port.
Le vieux port Stone Town
Retour de pêche
Spectacle à ciel ouvert
La raie, poisson de la famille des Rajiformes dégage une forme de perfection et de puissance. Avec son design épuré et son fuselage ultra-performant posé sur le sable noir d’un tarmac improvisé, elle attend le dernier accord de la tour de contrôle avant d’être débitée. Les hommes sont fiers et heureux, la pêche de ce jour a été fructueuse. Des étals éphémères se dressent sur le haut de la plage et jouxte ceux du marché.
Des hommes aux muscles saillants, machette et gourdin à la main, tel des gladiateurs d’un autre temps vont passer à l’action. Comme des glaives, les lames vont s’abattre violemment. Avec précision et dextérité les chairs seront découpées, les cartilages sectionnés, certains poissons encore fascinants il y a quelques instants ne seront plus que portions prêtes à être livrées. Les planches devenues gélatineuses et sanglantes gardent les stigmates de ces courts combats, en mémoire des marlins, raies et autres qui y ont trépassé.


Le vieux port
Embarquement – Déchargement, foule en attente du retour des pêcheurs.
les boutres ou dhows
Embarcations traditionnelles
C’est pour cette pêche non industrialisée de bord de côte, sur le plateau continental étroit qui tombe rapidement, que les hommes et la mer bataillent. Sur leurs dhows à voile triangulaire ou sur leurs pirogues monoxyles, ils ont lutté. Les visages fatigués, mais enjoués, ils se sont démenés le jour et pour certains aussi la nuit pour revenir les corps épuisés, réconfortés par l’abondance des prises de ces dernières heures. Les allées et venues continuent et déjà d’autres voiles se hissent, les coques de bois vont passer la jetée et s’éloigner vers le large. D’autres pêcheurs partent à l’assaut des flots avec l’espoir d’un retour aussi fructueux que celui d’aujourd’hui.
Retour de pêche
Intermédiaires, négociateurs et particuliers.
Ce poumon économique de Stone-Town aura épongé la sueur de tant de marins, pêcheurs, contrebandiers, aventuriers et autres téméraires de tous bords. Contempler ces boutres et ces dhows toutes voiles dehors, les toiles usées par les embruns et le sel, nous immerge dans les mondes de Livingstone, Burton, Mondfreid. Leurs vies aventureuses et leurs récits ont fait rêver des générations avides d’en connaître plus sur ces contrées lointaines.


Femmes portant le kanga
Retour de pêche.
De nombreuses familles dépendent de la pêche. Dans la foule, les intermédiaires attendent patiemment, mais bientôt l’excitation sera à son comble. Tout cela nous semble un peu anarchique, les palabres commencent, parfois le ton monte, certains se poussent, les cours s’envolent et les billets passent de main en main, dans un Wall Street typiquement local.


Le vieil homme et la mer
Réparation des filets – Bonite – Orphie.
Dans cette ville riche de son métissage incroyable, carrefour des mondes africain, arabe, indien et européen, tout le monde veut sa part. Les restaurateurs, les hôtels, les femmes qui revendront ou cuisineront le poisson pour aider à subvenir au besoin de la famille. Même les chats patientent et ne diraient pas non à quelques abats ou une ou deux crevettes.


Étal éphémère
Découpe du poisson.
Fidèles destriers
Dans les ruellles de la médina
Ultime étape
L’effervescence est redescendue presque aussi vite qu’elle était montée, la plage se vide, les transactions sont terminées. Bientôt les coursiers vont chevaucher leurs destriers marqués par l’action corrosive de l’air salin, et s’élancer à travers les ruelles de la médina chargés de leurs paniers tressés remplis des prises du jour.


AFRIQUE
AF01 – Stone Town le labyrinthe des ruelles.
AF02 – Le port de Stone Town.
AF03 – Royaume Antémoro.
AF04 – Périple malgache.


