LAC01
Cuba Almendrones
& Habanos
La Havane, un joyau des Caraïbes délaissé. Une ville de culture qui se doit d’affronter la modernisation du XXIe siècle sans perdre son âme, ni sa beauté ensorcelante.
El Malecón
Promenade de front de mer.
Dieu est un fumeur de havanes, je vois ses nuages gris. Je sais qu’il fume même la nuit,… Un clin d’œil à la chanson de Serge Gainsbourg. La Havane avec ou sans volutes est tout autant envoûtante. Il y a sur le Malecón sous ses lumières de fin de journée une atmosphère proche du divin et de jugement dernier. Les rayons du soleil en contre-jour transpercent les nuages dans un éclat de lumière sacrée devant les façades décrépies. Que la fumée envoie au paradis, je le sais ma chérie.
Carte


El Malecón
Promenade de front de mer
Et dans ces composantes indissociables de la vie cubaine, voilà, le plaisir d’un Daïquiri en terrasse. Sous ce climat chaud et humide le rhum de ce coktail distille ses bienfaits. Ce charmant relâchement, sur cette terrasse art déco nous transporte au temps des années trente. Refuge des riches américains privés d’alcool au temps de la prohibition.
De ces années d’excès demeure toujours la présence de ces belles Almandores comme les nomment les Cubains. Les Pontiac, Buick, Dodge, Plymouth et autres chevrolets aux chromes rutilants se pavanent dans leurs robes aux couleurs aguichantes. Il faut dire qu’elles ont fière allure, ses sculpturales de La Havane. Les Cubains sont devenus des as de la restauration, leurs Almandores distillent la nostalgie de ces années d’exubérance. Au rythme de jazz et de salsa, la soirée s’étire entre mélodies d’hier et d’aujourd’hui.


Les mythiques voitures américaines de Cuba
Les chromes rutilants des Buick, Pontiac et autres…
La Havane « san Cristobal de la habana »
Une des principales métropoles antillaises
La ville et le quartier Habana Vieja
Cuba se distingue par la diversité et l’éclectisme de ses influences. Un métissage qui a contribué à construire son identité. L’architecture havanaise et cubaine en est un très bel exemple. Point clé du nouveau monde, La Havane s’est dans un premier temps développée entre fortifications militaires et murs défensifs. C’est dans la partie vieille de La Havane que le style espagnol et mauresque est le plus visible. La Habana Vieja a été inscrite au patrimoine mondial à l’UNESCO en 1982.
Dans les vieux quartiers de La Havane
Des immeubles vétustes qui font l’âme de La Havane.
La Chute du mur de Berlin et l’éclatement de l’Union soviétique auront pour conséquence la recherche de nouveaux capitaux. La société cubaine est frontalement et douloureusement confrontée à ces nouveaux modèles économiques; la scission entre laissés-pour-compte et privilégiés ne fait que s’accentuer. La Havane exsangue par des années d’abandon voit sa population en payer un lourd tribut.
La prise de conscience de la richesse inestimable de ce patrimoine, de son aura à l’international et de la manne financière qui peut en découler pour l’île tout entière, cristallise des projets de réhabilitation. Depuis le début des années quatre-vingt-dix de nombreux monuments historiques et emblématiques ont été restaurés. La ville comme les aranéides emprisonne dans sa toile des touristes qui toujours plus nombreux affluent heureux de découvrir une belle endormie. La Habana Vieja garde de ses splendeurs passées un port altier et la majesté de ses heures de gloire. Inexorablement séduisante, parfois irrésistible, elle a su nous captiver et raviver les fastes passés.
Architecture de multiples influences
Toute la beauté de cette architecture coloniale.
Toutefois, élever ce patrimoine culturel comme valeur marchande, participe au risque de transformer La Habana Vieja en ville-musée sclérosée, peu à peu vidée de sa population originelle et de son âme. Cette évocation a contribué à mes réticences pour cette destination. Ma seconde appréhension – la chaleur et l’humidité des régions caribéennes. Elles ont une puissante influence sur mon énergie et la courbe de mon biorythme se calque malheureusement sur le trajet d’un apnéiste qui file accroché à sa gueuse vers les abysses.
Vestige de La Havane des années avant embargo
Le lustre passé.
Une opportunité
Revenons à La Havane. Il y a, à contrario, une opportunité et un énorme défi urbanistique à relever. Celui de réhabiliter une ville fantastique qui suite aux divers événements du XXe siècle est restée suspendue dans le temps. Une ville qui faute d’entretien voit de nombreux murs s’effondrer, des bâtiments s’éventrer laissant à vif des plaies béantes et suintantes, une ville à panser et à cicatriser. Mais c’est aussi une métropole qui a échappé au méfait d’un développement frénétique et à la saturation du trafic urbain. Une ville où il faut penser les enjeux d’un développement durable aussi bien au niveau de l’urbanisation que socialement, économiquement et environnementalement. Un destin que les Cubains doivent s’approprier et marquer de leur identité.
Halo d’orgueil
Malgré le triste état de vétusté, l’élégance et l’orgueil de ces magnifiques architectures.
Quelle place au sein de la communauté caribéenne
Les autres très grandes interrogations pour ce XXIe siècle seront la place de Cuba et de sa capitale au sein de la communauté caribéenne et le degré d’opposition à l’influence culturelle américaine. Il reste donc des pans entiers et passionnants de cette histoire à écrire. Cuba n’a certainement pas fini de nous étonner.
Les rues de La Havane
Partie d’échecs.
Le style Cubain
Cinq cents ans d’histoire et d’influence
Coloniale et Baroque
La Havane façonnée par 500 ans d’histoire et d’influence est un mélange éclectique d’architecture espagnole, mauresque, baroque et néoclassique. Il n’est pas rare d’admirer, dans les entrées et les escaliers des plus beaux palais et vieilles demeures, de magnifiques Azulejos Hispano-Mauresque – carreaux céramiques d’émaux cloisonnés par le relief et ornés de motifs géométriques. Les Azulejos seront par la suite déclinés en panneaux de faïence aux scènes thématiques et figuratives, de style renaissance, baroque ou classique.
Intérieur – Habana Vieja
Pièce donnant sur patio.
Carreaux ciment
Maison Habana Vieja.
Au XIXe siècle de nombreuses usines de fabrication de carreaux ciment verront le jour à Cuba. Les sols et les murs des demeures cubaines se pareront de nombreux motifs colorés. Pour la petite histoire, conçu en France en Ardèche en 1850, le carreau ciment était par sa résistance une alternative à la pierre et au marbre. Contrairement à la céramique, ce procédé ne nécessite pas de cuisson.
Le savoir faire
Préparation des cigares avec en fond l’outil surnommé Guillotine. Sert à calibrer leur longueur.
Manufactures de cigares
Longue épopée de la culture cubaine
Début du XIX ème explosion des manufactures
Après l’abolition du monopole royal par la couronne espagnole en 1817, le cigare cubain va s’exporter dans la majeure partie du monde, et dès 1818, Cuba comptera déjà plus de 400 manufactures. 200 ans plus tard Les Habanos, toujours considérés comme les meilleurs de la planète, ont vu ces dernières années leurs exportations s’envoler suite à une forte demande des consommateurs chinois. Après la France et l’Espagne, la Chine devient le 3e importateur.


Préparation et fermentation des feuilles
Une étape primordiale et fondamentale. Élimination des impuretés, diminution de l’acidité et réduction de la quantité de goudron par la baisse du taux de nicotine.
Un paradoxe et une bien belle histoire. Ce pays qui se revendique socialiste inonde depuis plus de deux siècles la planète d’un produit qu’il aura su élever en bien de luxe par excellence, principalement consommé par l’élite des sociétés capitalistes. Les campagnes anti-tabac à travers le monde n’auront pas terni l’image des Habanos. Tout comme pour les vins d’exception, leurs qualités et leur rareté ne fait qu’augmenter leur valeur.
Depuis 1967 les Habanos sont protégés par une appellation d’origine contrôle. Les feuilles doivent être cultivées et le cigare roulé manuellement sur le sol cubain.


Le tri et le classement des feuilles
Les feuilles sont écotées et repassées.
Fabrication artisanale
Un travail traditionnel
Les feuilles de tabacs sont cultivées dans cinq régions de l’île. Celles qui servent à rouler les plus prestigieux d’entre eux proviennent de terroirs très localisés. Les alentours de San Luis, San Juan y Martinez et Pinard del Rio sont les perles du terroir. Les plants traditionnellement cultivés sont le criollo et le corojo. Le futur cigare est un assemblage de cinq de ces feuilles. La tripe qui correspond à l’intérieur de celui-ci, favorise son arôme et sa combustion, constituée de trois parties différentes du plant, sommet, milieu et pied. Suivi de la sous-cape dans laquelle la tripe va être enveloppée. Puis de la plus prestigieuse des feuilles, la cape, qui constitue l’enveloppe extérieure du cigare.
Les feuilles sont écotées et repassées
Les nervures sont éliminées par battage ou écotage.
Les feuilles seront mises à sécher à l’air libre et après ces étapes agricoles viendra le temps de la fermentation qui s’étale sur une durée comprise entre 25 et 90 jours. Les feuilles seront ensuite triées, empaquetées et stockées. Un temps de vieillissement de 6 mois à 2 ans parachève l’ensemble. Les feuilles seront sélectionnées pour un subtil mélange, arômes, couleur, taille, texture qui une fois assemblées formeront la palette aromatique et l’esthétique du futur cigare. Ce travail est réalisé par des maîtres mélangeurs et les secrets jalousement gardés.
Outils pour la réalisation des cigares
La Chaveta, pour couper les capes et sous-capes – Moule en bois pour placer les cigares – Presse.
D’abord écôtées (retrait de la nervure centrale) par les despalilladoras, l’assemblage est l’œuvre des torcedores. Un travail traditionnel qui demande aux deux dextérité et précision. La tripe doit être très homogène pour que le cigare se consume en douceur et la cape enroulée en spirale régulière de façon qu’elle ne se déroule pas lors de la combustion. Les outils utilisés depuis des générations pour ce travail manuel (chaveta, casquillo, cepo, prensa et guillotina) demeurent inchangés.
Finition
Collage de la bague. Inventé par Gustave Bock (Néerlandais), un des premiers européens
impliqué dans l’industrie des Havanas pour distinguer sa marque.
Les formes, les longueurs et les diamètres s’adaptent à la tendance pour offrir différents plaisirs. Les plus courantes sont torpille, belicoso, pyramide et perfecto. En 1854 le Néerlandais Gustave Bock invente la bague de cigare. Placée à la tête de celui-ci, elle sera rapidement adoptée par la concurrence et deviendra un signe distinctif. Armoiries, flore, faune ou personnages célèbres en seront les thèmes principaux.


Usine Partagas
Bâtiments emblématiques
Anciens ateliers
La fabrique de cigares Partagas, du nom de son créateur catalan Jaime Partagas, est une des plus anciennes manufactures à Cuba. Située au cœur de La Havane, calle Industria près du capitole, elle y dresse son mythique fronton depuis 1845.




Anciens ateliers Partagas
Un lieu mythique de la célèbre fabrique.
FIN
AMÉRIQUE LATINE & CARAïBES
LAC01 – Cuba, Almendrones & Habanos.
LAC02 – Hauts plateaux équatoriens.
LAC03 – Abracadabrantesque Atacama.